L'autisme - L'autiste enfant ou adulte
Par Marcel Lozano sophrologue professionnel certifié à Metz - Moselle(57)

L'enfant autiste - l'Autisme

Une séance parmi tant d'autres.

« Merci »

Un simple mot et la lumière vient.
Habituellement je reste discret sur mon travail de sophrologue et ma clientèle.
Pourtant j’éprouve le besoin d'apporter le témoignage qui suit sur un vécu récent.
J'ai reçu en mon cabinet une maman avec son enfant de 12 ans.
Et je les ai écouté.


J'ai été touché par leurs mots, leurs souffrances, leurs déconvenues face aux difficultés qu'ils rencontraient.
Touché par leur parcours, par le peu de cas que l'on fait aujourd'hui de tout ce qui demande du temps, de la patience et de l'investissement personnel.

Oui, la particularité de cet enfant est d'être autiste.

Là !!! le mot est lâché.


Étrangeté, perte de repères pour Monsieur Toulemonde. Que sont ces enfants au comportement parfois surprenant ? Comment les comprendre ? Comment être compris ? Comment échanger, communiquer ?
Autant de questions pointant vers des réponses tout aussi étranges.
Alors pour avoir l'air savant on vous asperge de théories, de noms encore plus étranges comme « autisme de Kanner » ou « syndrome d'Asperger ». Et l'on vous fait entrevoir qu'on ne peut actuellement comprendre l'incompréhensible. Maintenant. Et laisser cet enfant à son destin.
J'entends que cet enfant a vu des psychiatres, des psychologues, un orthophoniste et j'en passe.
En vain.

Cet enfant souffrira. Il souffre déjà.
Pourtant je sens aussi que cet enfant ira loin dans la vie.

Alors je fais mon métier ; dès son entrée dans mon cabinet je l'observe, teste ses réactions, semble m'amuser, mais travaille.
Et cet enfant réagit, répond avec grande intelligence aux stimulis que j'envoie.
Une étincelle s'allume dans ses yeux. Je reconnais cette étincelle. C'est la même qui brillait dans les yeux de ce professeur des universités, lorsqu'un jour je lui ai dit que j'ai été clerc de notaire 17 ans et qu'aujourd'hui je suis peut être un clair-obscure. Il a aimé mes mots ma façon de jouer avec les mots. Et cet enfant aussi. Leur regard s'est allumé.

Je sais d'expérience que pour l'autiste, le monde social est difficile à comprendre ; de même la communication verbale et non verbale leur est pénible. Apparemment peu de souplesse et de (ré)action – des stéréotypes. En tout cas c'est ce qu'on nous apprend et qu'on nous dit à « tue-tête ».

Alors je cherche à tisser un fil d’Ariane avec cet enfant. Un fil ténu, fin, fragile.

Je cherche, teste, contourne, reviens, recommence, reprends tout à zéro. De nombreuses fois je lui laisse le choix. Sachant que pour lui c'est un exercice difficile.

Et je fais encore mon métier : Verbalisations pré-sophronique – relaxation dynamique – respiration abdominale – sophronisation – verbalisation post-sophronique. Je ne lui épargne rien.

En début de sophronisation je sens l'enfant fatigué. Il bouge, s'agite, puis se ferme et s'enferme dans sa bulle de protection.

Je m'arrête. Il n'est plus avec moi. Il ne me tient plus la main (mentalement) pour marcher sur ce chemin. Je l'ai perdu. J'ai perdu le fil. Le fil d’Ariane était ténu. Il s'est rompu.
Je cherche une solution. Vite, vite. Je ne peux pas le laisser ainsi. Si je le perds maintenant, je le perds pour toujours et s'envolent tous les espoirs qu'il a placé en moi, en mon métier. Il faut renouer, retisser un nouveau fil d'Ariane.


J'analyse tout ce qui a précédé ce blocage. Je cherche les mots, les gestes, les attitudes qui auraient pu les déclencher. Ce qui est de trop, ce qui manque.

La petite étincelle s'éteint. La flamme devient de plus en plus ténue.

Je lui demande si ça va. Il ne répond pas.


Je lui dis « tu t'es mis en protection. ». Qu'ai-je dit qui te met ainsi ? Peux tu m'aider ? Si tu ne m'aides pas je ne peux pas comprendre.
Pas de réaction.
Je lui dis « alors, je vais, moi aussi me mettre en protection ».
Et je m'assois en tailleur parterre, en position zen.
Je dois trouver un moyen d'intriguer sa curiosité. Vite, vite.
Et j'attends, les yeux fermés, en prenant bien soin de me retrouver en position plus basse que lui.

Et, au bout d'un instant, l'enfant me dit « Mais on avait dit qu'on pourrait travailler un peu l'imagination !!! ».

Je lui dis alors : « ça y est j'ai compris. Je ne t'ai pas assez expliqué ». Et je lui explique à nouveau comment se passe une sophronisation, les mots les gestes, l’utilité ; en détail. Et il comprend, il adhère.

Le feu reprend, doucement, doucement, puis de mieux en mieux. Et je reprends ma sophronisation. Et je le vois se détendre de plus en plus. Parfois sa tête tombe, il s'assoupit, puis revient et sourit. Il semble heureux. Il vient de découvrir une nouvelle façon d'être bien. Et il vient surtout de découvrir que cette façon il peut la provoquer lui même, simplement par des mots.

Au total, la séance a duré presque 2h. Et sans faiblir l'enfant a maintenu son attention, parfois, bien entendu, avec plus ou moins de bonheur. Là où beaucoup d'adultes auraient déjà jeté l'éponge ; il a tenu.

Sa sensibilité m'a touché car elle ressemble étrangement à la mienne.

J'étais épuisé, mais heureux. Heureux de savoir que nous allons maintenant pouvoir faire du bon travail ensemble.

Si vous aussi, avez lu ce texte jusqu'au bout mon travail n'a pas été vain. Car il faut faire savoir et répéter à l'envie que ces enfants ne demandent qu'à communiquer. Encore faut il que NOUS voulions communiquer avec eux.




Et je termine par ce mot que je viens de recevoir de la maman.
Des mots j'en reçois beaucoup mais celui là a une vibration particulière car il a un goût de cadeau de Noël, et j'ai envie de le partager avec vous :



« Juste quelques mots pour vous remercier...
Vous avez déjà beaucoup apporté à « G.D.»(prénom changé par discrétion)
Lorsque nous nous sommes retrouvées dehors sur le trottoir, il m'a dit que vous étiez extraordinaire. Dans la voiture, je l'ai entendu respirer fortement plusieurs fois et souffler fort, puis il a posé sa main sur ma main alors qu'elle était sur le levier de vitesses. Il était très ému ...et moi aussi. Soyez-en remercié !
Ce soir, lors du dîner, il s'est montré joyeux et fantaisiste, fait extrêmement rare. Et ce soir; lors de la mise au lit, il m'a reparlé de l"épisode que j'ai raconté lorsqu'il a pris un couteau de cuisine... Nous en avons reparlé ensemble et je lui ai souhaité une "très bonne nuit pleine de mers turquoises" et il m'a adressé un immense sourire...
Mon époux a également noté un mieux-être immédiat et remarquable. Nous sommes très heureux que vous puissiez faire un bout de chemin avec notre fils.
Bonne soirée et très bonnes fêtes de Noël et de fin d'année ! »

Merci à A.D. la maman; du cadeau de Noël qu'elle vient de m'offrir.
Marcel LOZANO – sophrologue un 23 décembre.

Autisme - Autiste parents , enfants , adultes

8 000 enfants autistes naissent, chaque année, en France.

La sophrologie peut les aider, ainsi que leur famille, à vivre mieux au quotidien.
La prise en charge des personnes autistes fait de plus en plus souvent appel aux techniques d'approches comportementales, comme la sophrologie, car elles aident à créer un lien.

L'accompagnement en séance individuelle se fait progressivement, car il est primordial qu'une relation de confiance s'établisse entre le sophrologue et l'autiste.


Calmer les émotions
Les exercices proposés sont prinicpalement des exercices de respiration et de relâchement musculaire qui aident l'autiste, en cas de stress, à limiter le repli dans son monde.
Pour que cela fonctionne, il faut que les informations données pour réaliser l'exercice soient simples, claires, et précises. D'une séance à l'autre, la même méthodologie et le même rituel sont gardés.

Ceci permet à la personne autiste de s'approprier les exercices et de les refaire ensuite en toute autonomie.

Les exercices de visualisation sont utilisés avec modération pour ne pas favoriser l'isolement et mettent toujours la personne autiste en situation de réussite.

L'accompagnement sophrologique permet également de renforcer l'estime de soi.



Bien que les personnes souffrant d'autisme aient des difficultés à exprimer leurs sentiments, elles souffrent cependant de leur exclusion.

La pratique régulière de la sophrologie leur donne confiance en eux, les valorise.


Partager les mêmes problèmes

Si la sophrologie apporte un vrai soutien à la personne autiste en l'aidant à calmer ses émotions et en facilitant sa motricité, elle est aussi très bénéfique pour les parents.
Non seulement, elle leur apporte de la détente et de la vitalité mais, pratiquer en groupe, les séances de sophrologie permettent de se retrouver avec d'autres personnes qui vivent les mêmes problèmes dans un contexte positif de partage.

Origine : www.santemagazine..fr - Marcel LOZANO - sophrologue - www.lozano-sophrologie.com